Violences conjuguées

Violences conjuguées, c’est le récit d’un homme, qui, devant père, s’interroge sur les violences dont il a été témoin enfant, et dont il n’a aucun souvenirs direct. Seul au plateau, le comédien joue son parcours, les visites aux membres de sa famille, dont les souvenirs sont troués, et même parfois contradictoires. Une interrogation sur la violence, la transmission, la masculinité.

Un spectacle de Bryan Polach et Karine Sahler
Collaboration artistique Bintou Dembele
Avec Bryan Polach
Création lumière Tony JeanJean
Création son Didier Leglise
Photographies Pamela Maddaleno et Léa Neuville

“Car la virilité traditionnelle est une entreprise aussi mutilatrice que l’assignement à la féminité. Qu’est-ce que ça exige, au juste, être un homme, un vrai ? Répression des émotions. Taire sa sensibilité. Avoir honte de sa délicatesse, de sa vulnérabilité. Quitter l’enfance brutalement, et définitivement : les hommes-enfants n’ont pas bonne presse. Être angoissé par la taille de sa bite? Savoir faire jouir les femmes sans qu’elles sachent ou veuillent indiquer la marche à suivre. Ne pas montrer sa faiblesse. Museler sa sensualité. S’habiller dans des couleurs ternes, porter toujours les mêmes chaussures pataudes, ne pas jouer avec ses cheveux, ne pas porter trop de bijoux, ni aucun maquillage. Devoir faire le premier pas, toujours. N’avoir aucune culture sexuelle pour améliorer son orgasme. Ne pas savoir demander d’aide. Devoir être courageux, même si on n’en a aucune envie. Valoriser la force quel que soit son caractère. Faire preuve d’agressivité. Avoir un accès restreint à la paternité. Réussir socialement, pour se payer les meilleures femmes. Craindre son homosexualité car un homme, un vrai, ne doit pas être pénétré. Ne pas jouer à la poupée quand on est petit, se contenter de petites voitures et d’armes en plastique supermoches. Ne pas trop prendre soin de son corps. Être soumis à la brutalité des autres hommes, sans se plaindre. Savoir se défendre, même si on est doux. Être coupé de sa féminité, symétriquement aux femmes qui renoncent à leur virilité, non pas en fonction des besoins d’une situation ou d’un caractère, mais en fonction de ce que le corps collectif exige. Afin que, toujours, les femmes donnent les enfants pour la guerre, et que les hommes acceptent d’aller se faire tuer pour sauver les intérêts de trois ou quatre crétins à vue courte.”

Virginie Despentes, King kong théorie, p.29

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Une production ALASKA,
Co production DRAC Centre Val de Loire, Région Centre, Collectif 12 .
Avec le soutien de Nanterre Amandiers, du Théâtre Paris Villette, du théâtre du Luisant, du Centquatre-Paris, de la Pléiade, de La Forge, du théâtre Eurydice, du Théâtre Universitaire de Tours, et de Mains d’Oeuvres pour des accueils en résidence entre 2015 et 2017.

Violences conjuguées  a été sélectionné pour Premières lignes, à l’Atelier à spectacle à Vernouillet en janvier 2017, le Festival Spot au Théâtre Paris Villette en mars 2017 et le festival Fragments au Centquatre en novembre 2017.
Le texte fait partie de la sélection de la DAC pour le dispositif Emergence du Rectorat d’Orléans-Tours en 2017-2018.

Violences conjuguées a tourné pour une trentaine de dates durant les saisons 2017-2019, en région Centre Val de Loire et en région parisienne.
Il a été repris en février 2021 à la maisondelaculturedebourges, scène nationale.