Ce qu’on a de meilleur

Ce qu’on a de meilleur, Ludovic Pouzerate. Mise en scène Bryan Polach.
Création 2023.

Ça commence par une nuit d’orage. Sur une route de campagne. Un homme marche. Il revient du château. Le château, c’est un squat en bordure de forêt. Un endroit qui fédère. Ce soir, l’ambiance était plus lourde que d’habitude. Il y avait bien un projet d’autoroute. Mais ce projet n’était sérieux pour personne. Sauf que maintenant les avis d’expulsions sont là. Et les bulldozers ne devraient pas traîner. Alors lui, il a eu envie de profiter de la nuit. Une voiture. Elle s’arrête. Des hommes en descendent. Ils le tabassent et le laissent sur le bord de la route. Ce qu’on a de meilleur ça commence comme ça. Ça commence mal. Tout du long il y a ça en suspens. Le sort de ce jeune militant tabassé pour s’être opposé à une autoroute. Et puis on s’organise. Ce qu’on a de meilleur, c’est l’histoire d’une résistance joyeuse. Sans romantisme ni idéalisation. C’est l’histoire de gens libres qui s’opposent à la toute-puissance d’une multinationale. C’est l’histoire d’un bout d’humanité qui s’invente et qui n’a pas baissé les bras.
Ludovic Pouzerate.

Ce qui me fascine c’est de projeter le spectateur dans un lieu ici et maintenant.
La juxtaposition des conversations, une cacophonie.
La tension du groupe confronté aux questionnements sur leur devenir, sur ce jeune entre la vie et la mort.
Le huis clos avec un danger de l’extérieur qui fait augmenter la tension à l’intérieur.
Les histoires d’amours vécues, les histoires pas réglées.
Qui sont ces gens prêts à se battre pour une forêt ?
Je voudrais qu’on les prenne au sérieux et qu’on comprenne leur combat, ce qui les anime.
Je leur envie leur courage et leur détermination.
Ce qu’on a de meilleur commence un peu comme La haine de Kassovitz, avec un jeune entre la vie et la mort et les questions qui en découlent. Et puis une envie de vengeance et la peur que quelque chose d’encore plus énorme nous tombe dessus.
L’important c’est pas la chute…
Comment se positionner face à plus fort que soi ?
Fuir ? Résister? Se sacrifier? Se fédérer ?
Quel rapport à la mort entretiennent les personnages ? Le deuil. Comment le deuil traverse la pièce, apaise ou accroît les tensions déjà existantes.
Et puis il y a le climat. La pluie. Le son de cette pluie toute la nuit de la première scène.

La pluie, la pluie, la pluie, la pluie.

Bryan Polach 2021.