Des difficultés personnelles liées au travail sur un matériau autobiographique.
Sentir que des émotions nous traversent, et nous fatiguent. Se l’autoriser? Un peu ? Mais aussi se concentrer, toujours, revenir au travail.

De la collusion entre les problématiques de la pièce et le quotidien, les confrontations d’une répétition difficile. Variations autour d’un flingue.

De la bizarrerie des processus créatifs. On est fatigués, on s’acharne, on marque une scène, travail technique, froideur ambiante, et puis pour faire une pause, je mets une chanson au hasard, inconnue, elle est géniale, les idées fusent, les images : ce sera le début de la pièce. Peut être.

Des virages à 180°. On travaille un imaginaire crash, un clown terrifiant, sortant de la boite, perruque orange, grande chaussures, k-way rouge et un flingue tendu sur les spectateurs, et on arrive finalement à une image poétique, les loups, la neige, la lune, musique lente et ralenti.

Des références. Les miennes sont littéraires, je m’en rends compte. Ma maison c’est les livres. En discutant avec une amie de telle idée, elle pense tout de suite à des spectacles – mme qui y va tous les soirs. On ne crée pas à partir de rien, mais on n’a pas d’intersexualité évidente vis à vis de la création théâtrale.

Du caractère limité des catégories nommant les rôles de chacun. Je mets en scène un projet dont l’idée et le matériau de départ ne m’appartiennent pas. J’écris, je construit la structure du texte et de la pièce, je travaille les images, la dramaturgie générale. Bryan joue, mais aussi compose l’ensemble. Je ne me sens ni metteur en scène complètement, ni dramaturge, ni écrivain, ni scénographe, mais un peu tout ça en même temps. je porte le projet

De la difficulté à se concentrer. Invasion du monde personnel (organiser l’agenda, le sien, celui de la famille, penser à ses proches qui nous manquent), des autres activités professionnelles (prévenir de son absence, oublier, lire des mails de tensions au sein des groupes, devoir prévoir des rendez-vous, répondre, s’organiser), des réflexions personnelles (les lectures qui n’ont rien à voir mais on trouve toujours des liens, envies d’écriture, autres idées de spectacle ou d’écriture, inspirations subites et frustrées), des paradoxes des réseaux sociaux (à certains moments source d’échanges et d’inspiration, à d’autre de divertissement stérile), des amis à voir le soir, des spectacles, de tout ce qu’on rate tout le temps, des choix à faire en permanence.

De l’envie d’une résidence à la campagne, hors de la ville, sans trajets, se plonger dans sans distraction (utopique?).

De réaliser que ce qui me plait le plus c’est : écrire, formuler ce qu’on réfléchit. Noircir des pages, toujours.

Karine, 8 avril 2016.

 

 

 

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