Quelques spectacles récents qui nous inspirent…

Wajdi Mouawad – Soeurs (Théâtre de Sartrouville/2016). 
Comment les individus portent les mémoires collectives (ici la guerre du Liban et l’imposition de l’anglais dans les communautés francophones du Canada), et les mémoires familiales (le père ou la mère des deux personnages).
La mise en scène souligne de manière très poétique le contraste entre l’univers technologique et impersonnel d’une chambre d’hôtel / le flottement des pensées du personnages (dont les mots sont lentement projetés, avec des images).

DV8- John (La Grande Halle de la Vilette / 2015)960-DV8-2.jpg
Faire spectacle à partir d’interview.
Ici un homme raconte sa (terrible) vie. On peine à croire qu’il lui soit arrivé tant de chose. La scène est un plateau tournant en cloisons coulissantes permettant de représenter tour à tour les espaces domestiques, urbains, médicaux… La première partie (enfance, jeunesse, âge adulte) est assez saisissante, quoique très froide. La 2e partie se déroule dans un sauna gay, et m’a paru trop longue (pourquoi autant de détail? on est, me semble t il dans un autre sujet).
Des danseurs jouent les membres de la famille de John dans son enfance (mère, frère et soeurs) parfois comme des mannequins dans une vitrine, immobiles, l’un ou l’autre soudain prenant vie à des moments terribles (le père viole la soeur), les rendant glaçants.

Marie Payen – Je brûle (théâtre La Loge/ 2015)
Exploration personnelle de la mémoire de l’enfance, du père.
Un jeu doux et très expressif.
Des moments très beaux (une sorte de danse avec des bobines de film VHS).
En revanche la manière de traiter le passé (et la douleur) de manière allusive me gêne parfois : je ne suis pas sûre de comprendre ce qui est suggéré et n’aime pas cette position. Est-ce moi qui extrapole (viol par le père) ou qui suis bête de ne pas comprendre? En tant que spectatrice (ou lectrice), j’aime avoir la liberté d’interpréter, de rêver, mais j’aime être face à un propos clair, qui prend position pour que je puisse le faire aussi. 

Mouawad – Seuls / Incendie.
Dans cette interview Mouawad donne ses réflexions sur la représentation de la violence. En fait, la question n’est pas comment on représente la violence, mais déjà, comment on la révèle (et de l’importance d’un tiers qui joue se rôle, raconter à l’autre son histoire).

 

 

 

 

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