«  Un jour, j’ai demandé à ma mère de revenir une fois de plus sur les violences qu’elle avait subies entre mes 0 et 3 ans et ce à quoi nous avions assisté mes soeurs et moi particulièrement. 

Nous avions décidé que ce serait la dernière fois. J’en ai donc gardé une trace. J’ai enregistré notre échange avec sa permission. Puis j’ai réécouté plusieurs fois l’interview, comme pour m’immuniser. Parallèlement je voulais depuis longtemps travailler une sorte de one man show, alors j’ai commencé à jouer notre entretien après l’avoir passé à l’écrit. Passer de sa parole à la mienne en tentant d’être le plus fidèle possible aux inflexions de sa voix, à son souffle, tout ce qui trahissait son émotion et la mienne. Ca pourrait presque être drôle me suis-je dis tellement c’est dur parfois, tellement c’est fou de vivre ça. 

Et si je racontais aussi, à partir d’impros, ce qui me fait le plus honte dans la vie ? Ce sentiment de lâcheté perpétuel. Les deux conjugués ensemble, ça peut vraiment être rigolo. »

Bryan Polach – novembre 2015.

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